Vendredi 14 mai 2021

Grâce de Dieu, conscience de l’homme (Proverbes 30,1-19)


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Les sentences de ce passage (vv. 1-14) semblent provenir d’une collection particulière, émanant d’Agour, ce qui signifie «rassembleur de sentences». Agour serait originaire d’une tribu ismaélite de l’Arabie du Nord: Massa. Comme le devin Balaam (Nb 23-24) ou le poète Job, chacun semble étranger à Israël. Comme en de nombreux endroits de la Bible, il y a donc intégration de paroles étrangères à la foi juive, mais reconnues comme complémentaires entre elles. Ainsi, l’auteur reconnaît humblement sa petitesse et ses limites, pour mieux magnifier la Parole de Dieu, à l’œuvre dans le ciel et sur la terre. Ici, les sentences deviennent prières, pour arracher du cœur toute illusion sur soi-même et toute parole mensongère, «de peur qu’en étant rassasié, je ne te renie, ou qu’en étant pauvre, je ne commette un vol, portant ainsi atteinte au nom de Dieu…» (v. 9). Nous voilà donc exhortés à éviter toute forme d’autojustification, maintes fois dénoncée par l’apôtre Paul dans ses épîtres (Romains, Galates…); lui-même relayé par le réformateur Martin Luther, qui y trouva la source de sa propre renaissance: «L’Evangile révèle une justice de Dieu en nous, par laquelle Dieu, par pure bonté, nous rend justes, moyennant la foi…».

Bertrand de Félice

Prière: Comment nous justifier devant toi, Seigneur? Par nos mérites et par nos œuvres? Ouvre-nous à la juste conscience de nos limites et ravive en nous l’humble confiance d’être aimés, sauvés et justifiés par ta seule grâce, Seigneur, nous t’en prions.  

Référence biblique : Proverbes 30, 1 - 19

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