Prédication du dimanche 19 mars 2017, à l’occasion du culte avec Assemblée paroissiale à Bettens

  • Lecture I : Luc 15 : 3-7
  • Lecture II : Actes 2 : 42-47

 

Aujourd’hui, à l’occasion de l’Assemblée paroissiale qui va suivre, nous allons devoir nous poser des questions fondamentales sur notre manière de vivre notre communauté paroissiale dans les années à venir !

Et le texte des Actesque vous venez d’entendre nous donne des pistes. Il balise les fondement de la communauté chrétienne.

42 Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.

Et un des enjeux majeurs pour nous est de répondre à cette question.

Coment manifester et développer la communion fraternelle dans notre communauté paroissiale ?

Alors…c’est quoi… Notre fondement ?!…Qu’Est-ce qui nous motive ?!…C’est quoi notre « identité commune » de chrétiens ?!

Un petit exercice intéressant consiste à se poser la question :

Est-ce que je peux dire, en quelques mots simples et compréhensibles par tous, ce qui est le cœur de ma foi ?

Pas facile…hein…de mettre des mots sur ce type de vécu !!

On est en plein dans les élections…chez nous, mais un peu partout en Europe et dans le monde.

Un homme politique dont le parti avait essuyé un cuisant échec lors d’élections a dit dans son petit discours le soir du dépouillement :

« ce n’est pas notre idéal qui a été rejeté, c’est notre pratique« 

Eh bien ! en lisant ces quelques lignes du livre des Actes…et en pensant aux millions de personnes qui aujourd’hui même, dans notre pays…et ailleurs…sont à la recherche d’un sens spirituel…mais qui, pour autant, ne se précipitent pas dans nos églises, on peut se dire : ce n’est sûrement pas notre idéal chrétien qu’ils refusent, c’est notre pratique qui ne leur parle pas !

Notre idéal, le voici rappelé en quatre mots par Luc. Quatre mots qui décrivent et résument l’identité des premiers chrétiens…ce à quoi tout le monde les reconnaît :

  • enseignement
  • communion fraternelle
  • fraction du pain
  • prière

Je voudrais aujourd’hui m’arrêter tout particulièrement sur le 2ème mot : « la communion fraternelle »…

Mais au passage, je dirais quand même ceci sur les 3 autres mots :

L’enseignement :

Il n’y a plus d’apôtre aujourd’hui, les disciples choisis par Jésus sont morts au premier siècle…

Mais nous pouvons toujours lire la Bible et participer au culte de l’Eglise en écoutant attentivement l’enseignement des ministres qui, ant bien que mal, essaient, dimanche après dimanche, de commenter et expliquer les écritures…

Puis y’a la fraction du pain :

C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la Sainte Cène ou le repas de communion. C’est toujours en temps particulier, un moment mis à part, où nous communions ensemble dans la présence spirituelle de Jésus notre Seigneur qui nous rassemble…une manière de faire mémoire de ce socle sur lequel repose la foi des chrétiens depuis plus de 2000 ans !

Et y’a la prière :

Un temps où la communauté assemblée s’adressait à Dieu :

pour l’adorer et le remercier…

pour lui exposer les besoins de la communauté

pour le supplier d’intervenir dans notre réalité…parfois joyeuse…parfois difficile

Et la prière de la communauté est importante…

Parce qu’un chrétien est nécessairement un membre du Corps du Christ et donc qu’il ne peut pas être un disciple du Christ tout seul dans son coin…et que sa prière doit donc être aussi communautaire…qu’elle ne peut pas être toujours et seulement individuelle !!

Mais attardons-nous maintenant un peu plus longuement sur la notion de communion fraternelle :

Le mot grec qui est utilisé par Luc est « koinonia » :

il désigne tout ce qu’on partage, tout ce qu’on a en commun au sein d’une association, et en particulier les relations ente les individus qui composent cette association, ce groupe, cette assemblée.

Dans le cas qui nous intéresse il exprime à la fois notre foi individuelle en Jésus…qui nous met en relation personnelle avec Dieu, et notre foi commune qui nous unit les uns aux autres pour former l’Eglise, un Corps dont les membres sont en relation étroite les uns avec les autres.

Mais le mot koinonia dit aussi tout ce que l’on peut partager avec d’autres…toute forme de générosité.

La communauté chrétienne est donc avant tout un lieu de communion spirituelle, une association humaine entre des hommes et des femmes qui ont comme point commun leur adhésion à Jésus, leur Seigneur…

mais cette communauté est aussi un lieu de partage :

  • Partage des biens entre riches et pauvres…
  • Mais aussi partage du temps entre ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas (ou moins !)…
  • Partage entre ceux qui sont bien-portants qui peuvent venir en aide à ceux qui sont malades
  • Partage entre ceux qui ont une famille et qui peuvent accueillir ceux qui sont seuls
  • Partage entre ceux qui peuvent enseigner et prendre du temps pour prier, et ceux qui peuvent s’occuper de choses plus pratiques comme le service…la logistique :

Le partage et la générosité, dans tous les domaines, est sans aucun doute un signe distinctif e la communauté chrétienne, de la qualité de sa communion avec le Seigneur et les uns avec les autres…

Et aujourd’hui…ici…à Bettens ? !

Eh bien ! Ce que tout ceci nous dit aujourd’hui à nous, membres de la communauté fraternelle « paroisse du Talent », c’est que …

si on veut que cette communion fraternelle fasse sens…

si on veut que no communauté vive…

si on veut que notre « pratique » fasse envie.. et pas seulement notre idéal…

Eh bien !… chers frères et sœurs…

On v devoir… chacune et chacun d’entre nous…sans exception, retrousser nos manches et nous mettre au travail !

Ca nous dit qu’on ne peut pas attendre que « on »… ou « ils » fassent…

Qu’on ne peut pas compter sur le fit que les ministres assument tout… ou que le conseil assume tout…ou que… « ils » s’occupent du brunch, du rallye ou des études bibliques… du KT ou de l’Eveil à la foi…

Ca nous dit que notre « koinonia » à nous passe pr l’engagement solennel de chacune et chacun d’entre nous de « partager »…

Partager dan le sens de « donner en partage »… de mettre à disposition du bien commun : de faire don de ses dons

don de ses disponibilités

don de ses possibilités…

don du temps qu’on peut…

aussi petit que cela soit …

Pour que la communion fraternelle vive…

Parc que… au final… c’est cette « koinonia » qui fera vivre notre communauté paroissiale…

qui la fera grandir et porter des fruits !

Pas seulement un budget équilibré et des activités qui apportent des sous…

Pas seulement le talent oratoire d’un ministre..

Parce que le budget équilibré et les enseignements stimulants…ce seront les fruits de notre « koinonia »

Les fruits de notre prière commune et individuelle..

Les fruits du partage de nos dons…

de nos richesses…

Alors on pourra dire de notre communauté, ce que Luc disait de celle des premiers chrétiens :

42 Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières.

…et on pourra ajouter..

et ils étaient une bénédiction pour ceux au milieu desquels ils vivaient, priaient, partageaient…

Amen